Le paradoxe des départs 

Un trop plein d’amour. Voilà ce que je ressens depuis que je parle de mon départ à mon entourage personnel ou professionnel. Je ne m’attendais pas à ce don d’amour,  surtout d’un point de vue professionnel. 

 Je travaille dans le social,  le relationnel est le cœur de mon travail.  Chaque jour, j’essaye de donner le meilleur de moi pour accompagner au mieux les personnes que je rencontre. C’est une condition nécessaire à mon épanouissement professionnels: avoir l’impression d’avoir fait du mieux que je peux pour ne pas avoir des regrets ou développer un sentiment de culpabilité. Je n’attends donc rien en retour. 

Du coup,  c’est déstabilisant pour moi,  de ressentir tout cet amour qui m’est donné lorsque j’annonce mon départ pour décembre à Toronto. Je ressens une telle sincérité dans nos relations.  Moi qui revendique tant cette sincérité en tant que professionnelle:jouer un rôle,  très peu pour moi.  Cela me touche beaucoup. Cela développe une certaine fierté :j’ai réussi, nous avons réussi à construire quelque chose de vraie, une alliance,  une confiance et c’est une grande victoire. Je suis persuadée que c’est la confiance que l’on nous donne,  qui nous porte et nous permet de nous élever.  Alors quel plaisir de ressentir cette relation de confiance mutuelle. 

Paradoxalement, ce sont les séparations qui permettent, le mieux,  de se rendre compte de l’attachement que l’on a  vis à vis des personnes.  Je ne pense rien vous apprendre,  mais le  vivre c’est déstabilisant. C’est au moment où j’ai le plus envie de partir,  que je ressens le plus ce lien qui me raccroche à cette vie que je vais lâcher. Ce sentiment m’amène à une certaine nostalgie, bien que je ne sois pas partie. 

L’une de mes amies m’a dit : « toi, tu pars,  tu vas découvrir plein de choses, rencontrer de nouvelles personnes et nous on reste là. » et je crois que j’ai besoin d’être cette personne qui part,  probablement parce que j’ai trop peur d’être cette personne qui reste.  Ressentir ce trop plein d’amour qui nous retient est un sentiment ambivalent: il est synonyme d’attachement et de séparation tout à la fois…. Mais c’est une séparation voulue et non subie contrairement à la personne qui reste. 

Ai-je déjà été cette personne qui reste? La réponse est oui.  Quand mon compagnon est parti vivre 6 mois aux États-Unis,  et j’ai difficilement supporté d’être cette personne qui reste. La découverte d’une nouvelle vie par mon chéri  a pu accentuer l’effet routinier de ma  vie. 

Cette fois-ci,  je voulais être la personne qui part,  même si cela m’oblige à quitter des personnes et des choses que j’aime. Je pense d’ailleurs,  qu’il est préférable de partir dans ces conditions,  plutôt que dans la volonté de fuir une vie que l’on n’aime pas.  
Belle journée à vous, 

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